“ ON EN PARLE ” Atouts et enjeux des villes moyennes “ À LA UNE ” Entretien ave

“ ON EN PARLE ” Atouts et enjeux des villes moyennes “ À LA UNE ” Entretien avec Caroline CAYEUX “ DANS LES TERRITOIRES ” Démarches Cœur de Ville “ ENSEMBLE ” 1 milliard d’euros pour le commerce en centre-ville banquedesterritoires.fr/localtis DÉCEMBRE 2020 N°2 EN PARTENARIAT AVEC RENCONTRES ACV 2020 L’Atout Cœur de Ville Un média de la Banque des Territoires Décembre 2020 3 ÉDITO D epuis le lancement du Programme Action Cœur de Ville au printemps 2018, notre engagement en tant que partenaire national, est d’accompagner les dynamiques portées par les territoires et leurs forces vives. Durant les premiers mois, la Banque des Territoires a rempli sa promesse : notre mobilisation massive en soutien à l’ingénierie (plus de trente millions d’euros) a permis aux villes bénéficiaires d’accéder à la meilleure expertise pour l’élaboration des plans d’actions et la sécurisation des projets. Le temps de la transformation est aujourd’hui arrivé : nous sommes dans une phase où la réalisation des projets doit monter en puissance. Toutefois, il est évident que la brutalité de la crise sanitaire peut déstabiliser la feuille de route et la mise en œuvre de certaines opérations. Nous saurons nous adapter. Le sujet du commerce, crucial pour la redynamisation, resurgit comme une priorité. Et il faut tenir un discours de vérité : le confinement dur et durable laisse présager de nombreuses défaillances de commerces dans l’année qui vient. Le tissu commercial constitué des 80.000 commerces situés dans les centres des villes petites et moyennes subit un choc frontal, d’autant plus difficile que les activités qui font la spécificité des commerces de centre-ville sont très directement impactées : cafés, restaurants, tourisme, culture, prêt à porter… Dans cette période difficile, votre mobilisation est remarquable : mise en place de solutions de livraisons, de plateformes locales d’e-commerce, de drives, d’exonération de loyers sur les locaux commerciaux, de chèques cadeaux dédiés à la proximité… vous avez innové et fait la démonstration d’une grande agilité pour apporter des réponses à la crise des commerces. Vous avez apporté une preuve supplémentaire que les villes moyennes disposent de trésors d’imagination et de créativité. Bien souvent sous votre impulsion, la crise a contribué à faire émerger des pratiques et des solutions nouvelles dans vos territoires alliant présence, proximité et nouveaux modes de livraison. La Banque des Territoires, en tant qu’opérateur de longue durée, a vocation à jouer tout son rôle en accompagnant tout ce qui peut contribuer à la réinvention du commerce de proximité. Dans le cadre de la relance, la Banque des Territoires déploie de nouvelles offres mobilisables pour vous aider à soutenir vos commerces de proximité. Près d’un milliard d’euros sont mobilisés sur ce seul objectif. L’enjeu est de faire face à la crise mais aussi de proposer des solutions pour accompagner les transformations plus profondes. Nous contribuerons par exemple à la structuration de cent foncières de redynamisation, capables de réhabiliter progressivement 6.000 commerces dans vos territoires. Les foncières sont des outils économiques à la main des décideurs locaux , à l’efficacité avérée, qui permettent d’impulser les transformations immobilières nécessaires à la redynamisation du centre-ville. La période actuelle véhicule beaucoup d’incertitudes et les territoires ont besoin de partenaires solides et stables. Les enjeux de la redynamisation ne se résument pas au seul sujet du commerce : les impératifs écologiques, les nouvelles formes de mobilité, les nouveaux lieux de travail et de production, les lieux dédiés à la formation ou la culture, l’accès aux offres de santé constituent autant de leviers au travers desquels l’invention des cœurs de ville de demain doit s’envisager. Ce numéro spécial de Localtis Mag, édité à l’occasion des rencontres Cœur de Ville 2020 démontre combien l’innovation territoriale crée de la valeur pour notre pays. Olivier Sichel Directeur général délégué de la Caisse des Dépôts et Directeur de la Banque des Territoires Publié le 7 décembre 2020 - propos recueillis par Claire Mallet / Localtis Mag : Quel bilan d’ensemble fe- riez-vous du programme Action cœur de ville ? Ou faisiez-vous avant l’avènement de la crise sanitaire… Caroline CAYEUX : Ce programme a été, rappelons-le, coconstruit par Villes de France et le ministère de la Cohésion des territoires, en s’appuyant sur des partenaires que sont la Banque des Territoires, l’Anah, Action Logement, qui ont permis de mettre 5 mil- liards d’euros sur la table. Au terme de deux ans et demi, beaucoup de choses avaient été lancées. À la fois en termes d’études, d’ingénierie portée par la Banque des Ter- ritoires, de projets immobiliers – je pense notamment à des projets de relogement en centre-ville sur des friches commerciales ou des copropriétés abandonnées – et, natu- rellement, de commerce de centre-ville. Je dirais que l’attractivité des villes moyennes commençait à se renforcer. Plus de 1 mil- liard d’euros a été distribué par les acteurs partenaires, sans compter la DSIL [dotation de soutien à l’investissement local] abondée pour ce programme avant le premier confi- nement. : Dans quelle mesure ce confinement a-t-il marqué un coup d’arrêt ? Caroline CAYEUX : Il est clair que la ferme- ture des commerces a été une épreuve. Et est venue freiner une dynamique qui com- mençait à porter concrètement ses fruits quant à la revitalisation de nos centres- villes. Nous avons tous très vite mis en place des aides d’urgence et des fonds de soutien locaux pour nos commerçants. Je pense par exemple à Saint-Nazaire, Angers, Limoges, Narbonne… Et aujourd’hui, il y a aussi toutes les mesures que nous terminons de mettre en place en faveur de la numérisa- tion et modernisation des commerces. Nous avons été nombreux à développer des plate- formes de commerce en ligne. Je pense là à Chartres, Nogent-le-Retroux, Bayonne… Et nous avons aidé à la mise en place de drive, du click & collect. Ceci, à travers nos communautés d’agglomération, dans la me- sure où ce sont elles qui ont la compétence économique. Nous avons aussi beaucoup communiqué pour encourager nos habitants à fréquenter les commerces de centre-ville. Il fallait tout faire pour éviter que les pas en avant accomplis avant la crise ne soient ré- duits à néant. Je dirais toutefois que malgré la crise, l’ensemble des outils ont été de nature à donner une nouvelle attractivité à nos villes. Ainsi, les opérations de revitalisation de territoire, les « ORT », qui ont été mises en place par presque tous les maires concernés par le programme, demeurent un outil très important plébiscité par les communes. Et notre attractivité s’est même révélée encore plus forte depuis le confinement. Le Baromètre des territoires que nous avons mis en place avec l’Agence na- tionale de cohésion des territoires et la Banque des territoires montre bien cette nouvelle attractivité dans le paysage terri- torial. La crise sanitaire et le confinement du printemps dernier ont conduit un certain « Malgré la crise, les prémices d’une nouvelle attractivité » Pour Caroline Cayeux, maire de Beauvais et présidente de Villes de France, le programme Action cœur de ville était sur de bons rails. L’enjeu face à la crise : « Tout faire pour éviter que les pas en avant accomplis ne soient réduits à néant ». Mais cette crise a aussi doté les villes moyennes d’un nouveau capital séduction. Le Plan de relance va être mis à profit. À condition que les collectivités aient les moyens d’investir. À LA UNE CAROLINE CAYEUX : nombre d’habitants de métropoles à s’interroger sur leur qualité de vie. Les villes moyennes qui avaient amorcé leur renouveau ont alors attiré leur attention. D’aucuns se rendent compte que pour 70 m2 à Toulouse ou à Bordeaux, ils auront au bas mot 150 m2 dans une ville moyenne, à proximité d’un parc ou peut-être même dans une maison avec jardin… Ainsi, dans l’« imaginaire » et les ambitions des Français, un déclic a eu lieu. Et nous le vérifions sur le terrain. On aurait pu penser que ce nouvel intérêt cesserait après le confinement, et que les Français n’auraient plus les moyens d’investir. Or je le vois par exemple à Beauvais, où deux programmes immobi- liers sont en cours : les investissements n’ont pas été freinés. Et les notaires de nos villes notent bien une arrivée impor- tante de nouveaux habitants. Le déve- loppement du télétravail y contribue sans doute. Le dernier maillon pour séduire ceux qui quittent les métropoles étant celui de la mobilité : TGV, présence d’un aéroport, mobilités douces… : Ce mouvement ne risque-t-il pas de concerner davan- tage la périphérie de vos aggloméra- tions que les centres-villes ? Caroline CAYEUX : Le programme Cœur de ville permet justement de réaménager des logements de centre- ville avec des conditions financières inté- ressantes. Certes, les communes rurales de nos agglomérations sont elles aussi concernées. Néanmoins, les jeunes mé- nages préfèrent souvent le centre-ville pour les commodités scolaires, hospita- lières, sportives, culturelles… Une étude réalisée à Beauvais montre que ce sont surtout les jeunes ménages qui arrivent, ainsi que les seniors. : Estimez-vous que le Plan de relance va permettre de don- ner un « coup d’accélérateur » à Ac- tion cœur uploads/Geographie/ localtis-mag-villes-de-france2-pdf.pdf

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