Chapitre 1 Définir une politique de maintenance et sa stratégie de mise en œuvr

Chapitre 1 Définir une politique de maintenance et sa stratégie de mise en œuvre de responsabilités La politique de maintenance, entre prévention et correction 25 f Qu’est-ce que le « préventif » et le « correctif » ? 26 Concevoir un plan de maintenance préventif 28 L’existant 29 f Qu’est-ce que l’existant ? 29 f Qu’est-ce que la GMAO ? 30 f Qu’est-ce que l’AMDEC ? 31 f Qu’est-ce qu’une gamme ? 32 Les exigences réglementaires 32 f Qu’est-ce que l’HAZOP ? 33 f Qu’est-ce qu’une analyse fonctionnelle ? 34 Les recommandations des fournisseurs 34 f Qu’est-ce que le bureau « méthodes de maintenance » ? 35 f Qu’est-ce que la MBF ? 36 Le contenu du plan de maintenance préventif 37 Stratégie de maintenance 38 Impliquer les clients 39 Le guide du parfait responsable maintenance 25 Définir une politique de maintenance Chaque entreprise industrielle a ses particularités en termes de natures technologiques, elle est dans la production du type manufacturing, comme l’automobile, l’aéronautique, la méca­ nique, ou du type process continu, comme la chimie, le raffi­ nage. Il existe bien sûr des situations « mixtes » qui associent la fabrication de produits et ensuite du conditionnement, comme dans l’agroalimentaire ou les laboratoires pharmaceutiques. Dans chaque entité, il existe une fonction « maintenance » qui est régie par des concepts, des normes, des exigences... Mais qui définit la politique de maintenance, qui en est le responsable ? Le chef d’entreprise ou le responsable de la maintenance ? En général, cette responsabilité est déléguée par le chef d’en­ treprise au responsable de la maintenance (ou à la production, dans certains cas). Ce dernier se retrouve donc avec deux res­ ponsabilités : définir la politique de maintenance de l’entre­ prise et la mettre en œuvre, c’est-à-dire, il ne faut pas l’oublier, établir une « stratégie » de mise en œuvre de la politique. La politique de maintenance, entre prévention et correction La politique de maintenance consiste à définir les activités opéra­ tionnelles de prévention et de correction et leur bonne répartition (lire également sur ce sujet en page 102). Il est en effet illusoire de > vocabulaire Politique de mainte­ nance : définir le plan de maintenance et la répartition entre les activités préventives et correctives. 26 penser que la prévention réglera tout ou de définir un pourcen­ tage entre prévention et correction sans faire de corrélation avec les exigences de disponibilité et de qualité du client (qui, pour la maintenance, est la production au sein de l’entreprise). Une bonne politique de maintenance se construit à partir de la criticité des équipements, car il ne sert à rien de faire de la prévention sur des équipements dont le risque est faible, voire nul, et donc sans aucune incidence sur le client final. La première action à faire est donc d’identifier le « top ten » des équipements à risque à partir d’une grille de criticité (voir ci-contre), qui mêle à la fois l’ancienneté des équipements et la logistique de maîtrise par la maintenance. f Qu’est-ce que le « préventif » et le « correctif » ? Le « préventif » comporte toutes les activités de maintenance qui permettent d’éviter l’apparition d’un mode de défaillance ou d’en minimiser les conséquences. Elles sont réalisées de manière systématique, conditionnelle ou prévisionnelle en fonction des lois de défaillance de chaque équipement. Le « correctif » comporte les actions immédiates qui sont nécessaires, à la suite de l’apparition d’un mode de défaillance, afin de remettre en état le bien d’équipement. Les actions peuvent être immédiates ou différées. Si elles sont immédiates, elles peuvent être curatives, c’est-à-dire que l’on remet en état initial le bien d’équipement, ou pallia- tives, c’est-à-dire que l’on réalise une action provisoire en attendant une remise en état définitive que l’on peut programmer. 27 Le guide du parfait responsable maintenance Définir une politique de maintenance Critères 1 3 5 15 Conditions générales de l'équipement Moins de trois ans ou encore sous garantie Entre trois et dix ans ou en dehors de la garantie constructeur Entre dix et vingt ans Au-dessus de vingt ans Risque industriel Arrêt sans consé­ quence notable sur la production Arrêt entraînant une perte de production d'une demi-journée Arrêt entraînant une perte de production d'une journée Arrêt entraînant une perte de pro­ duction au-delà de la journée Risque qualité Pas de problème particulier sur la qualité Problèmes qui nécessitent des retouches Problèmes qui en­ traînent des rebuts matière Problèmes qui en­ traînent un retour client Maîtrise du process Le personnel de la maintenance maî­ trise parfaitement le process Des conseils exté­ rieurs sont parfois nécessaires Des conseils fréquents sont nécessaires Un part importante de la connaissance est en dehors de l'entreprise Logistique de maintenance La documentation technique et les pièces de rechange sont suffisantes pour assurer la dis­ ponibilité du process La documentation technique n'est pas à jour et il manque parfois des pièces de rechange La durée des pannes est anormale par manque de docu­ mentattion et de pièces de rechange L'entreprise est quasi complètement dépendante de ses fournisseurs Exemple de grille de criticité À partir de cette grille, il est envisageable de construire un plan de maintenance préventif adapté au risque industriel. Si on ne fait pas de plan préventif basé sur le risque, il risque d’être « décalé de la réalité » et peu adapté au mode de fonctionne­ ment et aux risques clients de l’entreprise. 28 Concevoir un plan de maintenance préventif Un plan de maintenance préventif ne se construit pas n’im­ porte comment, mais à partir de plusieurs informations pro­ venant de quatre origines : 1. L’existant (historique du « correctif » et du « préventif »), qu’il faut reconstituer à partir de la connaissance des techniciens encore présents ou à partir des bases de données existantes. 2. Les exigences réglementaires nationales ou professionnelles (ce qui nécessite une connaissance et une mise à jour régu­ lière de la législation en vigueur). 3. Les recommandations des fournisseurs ou constructeurs (à condition que, dans les cahiers des charges d’achats d’équipe­ ments, des exigences de maintenance soient identifiées). 4. Les études AMDEC (analyse des modes défaillances, de leurs effets et de leur criticité, lire également l'encadré en page 31) pour identifier les risques potentiels. Les quatre sources d'information EXISTANT RÉGLEMENTAIRE FOURNISSEURS RISQUES POTENTIELS Actions de maintenance possibles 29 Le guide du parfait responsable maintenance Définir une politique de maintenance f Qu’est-ce que l’existant ? On entend par « existant » l’état des lieux des biens d’équipement en termes d’état physique (corrosion, vieillissement) et fonctionnel (capacité à maintenir sa capacité à réaliser sa fonction et des piè- ces dans les spécifications d’origine). On appelle également cette capacité « la capabilité ». L’existant Dans l’existant, il y a l’historique du « correctif ». Objectif de l’historique du « correctif » : obtenir la liste des opérations de « dépannage » effectuées sur les équipements par retour d’expérience (REX). Si « tout est dans la tête » des techniciens, il faut savoir l’extraire par un travail de groupe. Sources disponibles : –  l’expérience des intervenants (par interviews s’il n’y a pas de base de données fiable ni exploitable) ; –  les cahiers d’enregistrement des événements (main cou­ rante, cahiers de liaisons) ; –  les comptes rendus dans la GMAO (progiciel de gestion de la maintenance assistée par ordinateur), à condition que le contenu respecte l’explication du symptôme rencontré sous la forme de chaîne causale : symptôme, mode, effet. Support à utiliser : –  fiche « Historique du correctif ». 30 À prendre en compte : –  les effets, modes de défaillance, causes (chaîne causale de l’AMDEC, lire l'encadré sur l’AMDEC page 31) ; –  la gravité, la fréquence, le mode de détection ; –  les solutions apportées (remèdes). Il y a également dans l’existant, l’historique du « préventif ». Objectif de l’historique du « préventif » : obtenir la liste des opérations préventives, implicites ou non, effectuées sur les équipements par retour d’expérience. Sources disponibles : –  l’expérience des intervenants ; –  les cahiers d’enregistrement des événements (main cou­ rante ou cahier de liaison) ; –  les gammes (lire l'encadré page 32) de « préventif » dans la GMAO avec leurs fréquences. Support à utiliser : –  fiche « Historique du préventif ». f Qu’est-ce que la GMAO ? GMAO est avant tout le terme consacré de présentation des nouvel- les applications informatiques dans les années 80. Il signfie : « gestion de la maintenance assistée par ordinateur » et caractérise tous les logiciels qui gèrent les activités de maintenance et pas autre chose. 31 Le guide du parfait responsable maintenance Définir une politique de maintenance À prendre en compte : –  la nature des interventions et le pourquoi (d’où vient la définition de ce qu’il faut faire ? Car souvent, plus ­ personne ne sait pourquoi on a défini ces interventions et personne ne les met en cause de manière régulière dans une démarche proactive d’amélioration continue). –  uploads/Politique/ guide-du-parfait-responsable-maintenance.pdf

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