La science et le vivant : Synthèse du cours de Philosophie BIR1240 1 Chapitre 1
La science et le vivant : Synthèse du cours de Philosophie BIR1240 1 Chapitre 1 : Science et vérité 1. Conception inductiviste de la science XIXème et début XXème : science = seule véritable connaissance car c’est le lieu d’objectivité absolue liée à la méthodologie scientifique. 1.1. Conception inductiviste • Enoncés singuliers >< Enoncés universels Les premiers sont de type ponctuel pour un lieu, temps, … donné alors que les seconds sont de type général. Ils peuvent aussi bien être vrais que faux. • Induction >< Déduction L’induction est une accumulation d’énoncés singuliers (observations) menant à un énoncé de type général, c’est l’inférence inductive. La déduction logique part d’un énoncé général pour conduire à un énoncé particulier. • Conception inductiviste Dans la conception inductiviste de la science, la valeur de vérité des lois scientifiques repose sur les observations, considérées comme des relations objectives à la réalité. Déduction logique selon Hempel (ci-dessous) C1,C2,…,Ck Enoncés des conditions initiales C1,C2,…,Ck Lois générales E Description du phénomène empirique à Expliquer (explanandum) Le processus scientifique d’établissement et d’application d’une loi est une dynamique marquée par l’objectivité absolue. 1.2. Les limites de la conception inductiviste • Le point de vue logique DEDUCTIF : « Ts les corbeaux sont noirs » « Je vois un corbeau, il est noir » OK INDUCTIF : « Ts les corbeaux que j’ai observé sont noirs » « Tous les corbeaux sont noirs » NOK !!! On peut tout au plus dire qu’il y ait bcp de chance qu’un corbeau soit noir. Lors du passage du particulier au général, il y a donc décision du sujet scientifique et dans ce cas, la valeur de vérité de la loi perd sa valeur de certitude. On ne tire pas la loi de l’expérience, on pose la loi à partir des expériences ! On n’est donc pas dans une objectivité absolue, la science n’ets donc pas un lieu de certitude absolue. Lois et Théories Faits établis par l’observation Prédictions et explications induction déduction La science et le vivant : Synthèse du cours de Philosophie BIR1240 2 • Le concept d’observation La conception inductiviste présuppose une observation neutre et objective, une conception passive de l’observation où tous les humains ont une même vision dans des conditions identiques. o La sensation renvoi à l’image rétinienne MAIS la perception, elle, intègre en outre un grand nombre d’informations. Du point de vue neurophysiologique : observation ≠ phénomène passif. Des travaux neurophysiologiques et psychocognitifs montrent le caractère actif du SN. Le cerveau n’est pas pure réceptivité, les influx rétiniens entrent en résonance avec certains influx du SN central. • Phénomène de reconnaissance des formes • Ex : œuvre artistique du néerlandais Escher o Une situation donnée ne peut jamais faire l’objet d’une description exhaustive. Des choix implicites ou explicites sont donc posés par l’observateur on ne peut pas parler de passivité de l’observateur. o Un énoncé d’observation n’est pas démontrable logiquement, il repose uniquement sur la conviction des sens. o Rapport entre langage et perception : On est capable d’observer ce que le langage permet de décrire ≠ Le langage permet de décrire ce que l’on voit ! • Ex : Le rapport du langage à la neige chez les eskimos o Charge théorique de l’observation : La conception inductiviste voudrait que moins l’on en connaît en biologie, au plus on soit objectif en observant une photographie en M.E. or c’est tout le contraire dans la réalité. 2. Karl Popper et le falsicationnisme Sa conception intègre un grand nombre des objections posées à la conception inductiviste et constitue un moment historique important de la réflexion sur les sciences. 2.1. Notion d’implication L’implication est une relation logique entre deux énoncés Enoncé (p) Implication () Enoncé (q) Exemple V V V Tjs nuit à 1h Nuit ce soir à 1h V F F Tjs nuit à 1h Jour ce soir à 1h F V V Pluie ts les lundis Pluie ≥ 1 par an F V F Tjs jour à 1h Jour ce soir à 1h Considérant une implication vraie, le fait que la conclusion soit vraie ne fournit aucun renseignement sur la valeur de vérité de la prémisse alors que le fait que la conclusion soit fausse nous donne la certitude logique que la prémisse est fausse. 2.2. Le falsificationisme poppérien Popper dit que la loi scientifique n’est pas tirée de l’expérience mais que c’est une construction théorique (faite par le scientifique et qui fait appel à l’imaginaire) qui est ensuite confrontée à l’expérience. Popper se base sur un schéma où Théories + conditions initiales Prédictions (prédictions = observations qui peuvent être confrontées à l’expérience) En se basant sur la notion d’implication, Popper dit qu’il faut trouver des prédictions fausses pour affirmer que la théorie est fausse (système = falsificationisme). La science et le vivant : Synthèse du cours de Philosophie BIR1240 3 Ainsi, pour Popper, le fait d’être falsifiable, donne à un énoncé, la caractéristique d’être scientifique et où science = objectivité. Un énoncé non falsifiable = métaphysique. Pour Popper, une théorie doit tjs être considérée comme vrai à titre provisoire, jusqu’à la prochaine confrontation à l’expérience. Il dit également qu’il faut confronter les théories sur leurs points faibles et non leurs points forts. 2.3. Critique du falsificationisme Popperien ⋂ ⋂ ⋂ ⋂ Logique : Le tableau de vérité est un peu simpliste car un énoncé est tjs multiple et donc si il y a falsification, on ne sait pas quel énoncé pour l’énoncé global est faux. ⋂ ⋂ ⋂ ⋂ Histoire des sciences : Popper dit qu’il faut jeter une hypothèse falsifiée or on voit qu’historiquement, toute théorie , en sa première ébauche, comporte des imprécisions ou incohérences. Heureusement que Darwin ou Galilée n’ont pas directement jeté leurs théories. 3. Confrontation à l’histoire des sciences 3.1. Th. Kuhn : Structure des révolutions scientifiques Kuhn utilise le concept de paradigme dans un sens large désignant une sorte de matrice disciplinaire qui représente l’ensemble des caractéristiques (au niveaux conceptuel, matériel et institutionnel) d’une discipline à un moment donné de son histoire. Révolution scientifique = changement de paradigme. Au moment de crise, on pourrait s’en sortir avec une expérience cruciale qui élimine une théorie et admet l’autre. Mais cette expérience n’existe pas car chaque théorie interprète différemment l’expérience. Il y a un débat puis un qui repose sur une argumentation mais qui n’est pas strictement logique, rationnel car il n’y a pas d’argument décisif. 3.2. I. Lakatos : Reconstruction rationnelle de l’histoire des sciences « Programme de recherche » = « noyau dur » + « ceinture de protection » Lakatos dit que Kuhn a raison et ajoute que souvent une théorie (souvent T’) s’impose quelques années (20 ans ?) après la crise sans qu’il y ait eu d’expériences cruciales. Il distingue 4 conditions à l’avènement de T’ : • T’ explique tout ce que T expliquait • T’ explique les anomalies de T • T’ explique pourquoi T n’explique pas les anomalies • T’ apporte du neuf par rapport à T Le dénouement du choix entre T et T’ est irrationnel mais après, on retrouve une reconstruction rationnelle basée sur ces conditions. Pour Lakatos, le remplacement d’un programme de recherche par un autre peut faire l’objet d’une analyse logique rigoureuse à posteriori par l’historien. 1. Science normale Consensus entre les scientifiques sur toute une série de concepts. 2. Crise Perte de confiance dans les capacités explicatives des théories admises jusqu’alors. 3. Révolution Nouvelle théorie (T’) qui intègrent les anomalies Accumulation d’anomalies La science et le vivant : Synthèse du cours de Philosophie BIR1240 4 4. Le paradigme de la biologie contemporaine 4.1. Courant vitaliste >< Courant mécaniste Pour le vitaliste, le vivant doit être appréhendé selon une méthodologie toute différente de la matière inerte. On donne une place importante à la cause finale : c’est ce que la matière doit devenir, l’individu adulte, qui détermine le comportement de la matière embryonnaire. (H. Driesch, expériences sur cellules embryonnaires) Pour les mécanistes, il n’y a pas de différence entre la matière vivante et inerte. Descartes développe le concept d’ « animal-machine » et pour lui l’homme repose en un dualisme cartésien qui oppose corps (machine) et âme (propre à l’homme). Le concept machinique fut vite dépassé mais l’intuition dut féconde (physiologie, évolution, théorie cellulaire, …) pour aboutir à la victoire (XXème) de la position mécaniste avec la biochimie et la génétique moléculaire. 4.2. Théorie cellulaire du vivant Schleiden (vég. 1838) et Schwann (an. 1839) : Cellule = unité fonctionnelle du vivant Schwann émet des hypothèses mécanistes sur l’apparition des cellules (cristallisation du liquide vivant), vite réfutées par la microscopie. Cela fait l’objet d’une récupération par les vitalistes qui disent que seul du vivant donne du vivant. Claude Bernard (1865) propose une théorie cellulaire non-vitaliste plus modérée Puis progrès dans ce sens au XIXème par mitose, méiose, microscopie, génétique, … La théorie cellulaire pose la cellule comme le plus petit élément capable de se maintenir en vie, de contrôler ses activités uploads/Philosophie/ la-science-et-la-vrit.pdf
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- Publié le Oct 15, 2022
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