L'ENTREPRISE DE QUALITÉ Christophe Diederen De Boeck Supérieur | « Reflets et p
L'ENTREPRISE DE QUALITÉ Christophe Diederen De Boeck Supérieur | « Reflets et perspectives de la vie économique » 2003/2 Tome XLII | pages 85 à 96 ISSN 0034-2971 ISBN 2804142272 DOI 10.3917/rpve.422.0085 Article disponible en ligne à l'adresse : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- https://www.cairn.info/revue-reflets-et-perspectives-de-la-vie- economique-2003-2-page-85.htm -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Distribution électronique Cairn.info pour De Boeck Supérieur. © De Boeck Supérieur. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. 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These fundamental management rules cover topics such as business strategy, the logic of performance, economic efficiency, communica- tion, constructive questioning, innovation, compensation schemes, the granting of liberties, decision making, corporate culture, knowledge management, and the board of directors. Whenever possible, these principles are illustrated with real-life examples in order to facilitate implementation. Keywords – principles, strategy, performance, efficiency, communication, doubt, inno- vation, compensation, liberty, decision, culture, knowledge, control. Résumé – Cet article introduit le concept « d’entreprise de qualité ». Après l’avoir dé- fini, il passe en revue une douzaine de principes de management qui sont essentiels au développement de telles entreprises. Ces lois d’airain du management ont trait à la stratégie, la logique de performance, l’efficacité économique, la communication, la re- mise en question, la politique de renouvellement, le mode de rémunération, l’octroi de libertés, le processus de prise de décision, la culture d’entreprise, la gestion des con- naissances, et le conseil d’administration. Ces principes sont, dans la mesure du pos- sible, illustrés par des exemples concrets afin d’en faciliter la mise en œuvre. Mots-clés – principes, stratégie, performance, efficacité, communication, doute, inno- vation, rémunération, liberté, décision, culture, connaissance, contrôle. * Christophe DIEDEREN, licencié et maître en Administration des Affaires de l’Université de Liège et MBA de l’Université de Californie, est un professionnel des marchés financiers (courriel : christophe.diederen@skynet.be). L’auteur tient à remercier le professeur Jean-Marie Choffray, di- recteur du service d’informatique décisionnelle de l’Université de Liège, Olivier Meyers, manager chez Euroclear Bank S.A. à Bruxelles et Albert Diederen, anciennement directeur chez Mosabois S.C. à Liège, mais demeure seul responsable des erreurs et imprécisions qui subsisteraient dans cette contribution. © De Boeck Supérieur | Téléchargé le 05/02/2022 sur www.cairn.info (IP: 196.127.90.226) © De Boeck Supérieur | Téléchargé le 05/02/2022 sur www.cairn.info (IP: 196.127.90.226) 86 CHRISTOPHE DIEDEREN « On trouve des hommes de qualité qui ne sont pas parfaits ; on n’a jamais vu un homme sans principes qui fût parfait » (Confucius, Entretiens, XIV, 6). 1. INTRODUCTION Dans le contexte économique morose qui est le nôtre aujourd’hui, les capitalisa- tions boursières ne cessent de s’effriter, endommageant au passage le moral et la confiance d’agents économiques de plus en plus en proie au doute. L’évaporation de milliers de milliards de dollars de richesse lors de l’éclatement de la bulle Internet, aussi choquante soit-elle, ne signifie pourtant pas la fin d’un modèle. En effet, la magie de l’entreprise reste intacte. Une entreprise créée pour une bonne raison, qui s’assigne les bons objectifs et s’impose les bonnes contraintes engendre des répercussions positives pour toute la société. C’est une constatation, pas un sou- hait. Une entreprise est bien évidemment une structure légale. Dans cette optique, en créer une n’est pas bien compliqué. Mais l’entreprise est aussi et surtout un levier qui confère à ceux qui le manipulent une force hors du commun. Steve Jobs, le CEO d’Apple et de Pixar, décrit l’entreprise comme une des plus belles réussites de notre société moderne : « …to me, the company is one of humanity’s most amazing inventions…it is an abstract construct we have invented and it’s incredibly powerful » (Schlender, 1998) Comme tout mécanisme de démultiplication des énergies, l’entreprise peut mener au « meilleur » comme au « pire ». Dans cet article, nous introduisons le concept d’entreprise de qualité, une utopie réaliste, une forme d’entreprise idéale, un concept ambitieux qui saura séduire les dirigeants qui sont aussi des hommes de qualité, au sens confucéen du terme. 2. QUELQUES DÉFINITIONS Afin d’éviter toute confusion, il est bon de s’entendre sur certains termes. Dans le texte qui suit, nous appelons une entreprise de qualité un système dont le but est de satisfaire au mieux une demande exprimée ou latente sous contrainte de renta- bilité économique étendue. Par système, nous entendons une entité dotée d’un fonctionnement propre émanant de l’interaction de ses composantes. Ce terme symbolise le caractère dynamique et évolutif de l’entreprise mais aussi son instabilité et sa fragilité. Ceci est une référence à la nature de l’entreprise. La locution adverbiale « au mieux » fait allusion à la propension à l’amélioration qui caractérise les entreprises de qualité. On tend vers l’optimum mais on ne l’at- teint jamais. Quel que soit l’axe d’amélioration choisi, quantité ou qualité, l’entre- prise de qualité se démarque par sa constance dans l’effort. C’est de cette quête © De Boeck Supérieur | Téléchargé le 05/02/2022 sur www.cairn.info (IP: 196.127.90.226) © De Boeck Supérieur | Téléchargé le 05/02/2022 sur www.cairn.info (IP: 196.127.90.226) 87 L’ENTREPRISE DE QUALITÉ d’un optimum hors d’atteinte que naît la croissance. Ceci est une référence à l’objectif de l’entreprise. Cette recherche constante de l’amélioration, ce rejet de l’auto-satisfaction et de la complaisance est un ingrédient essentiel du capitalisme car il est générateur de risque, notion sans laquelle des concepts tels que l’allocation efficiente du ca- pital, la création de valeur ou la distinction entre créanciers ordinaires et créanciers résiduels perdent toute pertinence ! La rentabilité économique étendue est une mesure multi-critère de la rentabi- lité. Cette mesure intègre la nature systémique de l’entreprise qui, pour asseoir sa réussite à long terme, doit maintenir son équilibre non seulement interne mais aussi externe. Une entreprise est un système ouvert qui ne peut vivre en isole- ment. Ceci est une référence aux contraintes de l’entreprise. Nous reconnaissons le caractère primordial de la performance économique de base, habituellement mesurée par la valeur économique ajoutée (l’economic value added ou EVA du cabinet de conseil Stern Stewart), mais nous pensons qu’une entreprise de qualité nourrit des ambitions à long terme et ne peut dès lors faire l’économie d’une analyse plus étendue de sa rentabilité. En effet, si l’EVA est instrumentale dans la préservation de l’équilibre interne, elle ne garantit nullement le maintien de l’équilibre externe. Dégager une EVA positive a-t-il encore un sens lorsque l’activité de l’entreprise génère simultanément des externalités négatives (e.g. de la pollution, un accroissement significatif de la congestion du réseau rou- tier) d’un montant supérieur ? 3. DES PRINCIPES DE BASE Devenir une entreprise de qualité n’est pas simple. La réalisation des objectifs est ardue en soi, et l’impératif de satisfaction des contraintes ne fait qu’accentuer la problématique. Néanmoins, certaines entreprises y parviennent. Aujourd’hui du moins, car demain est un autre jour. Pour conserver ce statut, les entreprises doi- vent mener un combat de tous les jours pour, comme le dit Peyrefitte, substituer l’énergie à la résignation et pour que les forces du renouveau l’emportent sur l’im- mobilisme (Peyrefitte, 1995). Certains principes de management sont listés ci-dessous qui pourraient aider les entreprises à s’élever au rang d’entreprises de qualité. Ces principes sont livrés dans le désordre car leur caractère changeant, en contenu et en nombre, rendrait futile toute tentative d’organisation. Les principes sont parfois assez génériques mais toujours suffisamment clairs pour permettre une mise en œuvre. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer : – une stratégie claire reposant sur l’exploitation d’un avantage compétitif soute- nable ; – l’auto-soumission à une logique de performance ; – une profonde maîtrise des déterminants de l’efficacité économique de l’entre- prise ; © De Boeck Supérieur | Téléchargé le 05/02/2022 sur www.cairn.info (IP: 196.127.90.226) © De Boeck Supérieur | Téléchargé le 05/02/2022 sur www.cairn.info (IP: 196.127.90.226) 88 CHRISTOPHE DIEDEREN – une communication multi-directionnelle et une écoute qui transcendent les bornes de l’entreprise ; – une aptitude à la remise en question reposant sur le « doute constructif » ; – une politique de renouvellement des ressources respectant le principe de la « destruction créatrice » ; – un mode de rémunération transparent respectueux de l’effort consenti par chacun ; – l’octroi de libertés et l’attribution des responsabilités qui en découlent ; – un processus de prise de décision courageux basé sur une information aussi uploads/Management/ rpve-422-0085.pdf
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- Publié le Mar 06, 2021
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