ORFEO[S] ITALIAN & FRENCH CANTATAS PERGOLESI • A. SCARLATTI CLERAMBAULT • RAMEA

ORFEO[S] ITALIAN & FRENCH CANTATAS PERGOLESI • A. SCARLATTI CLERAMBAULT • RAMEAUU SUNHAE IM AKADEMIE FÜR ALTE MUSIK BERLIN  FRANZ LISZT Sunhae Im, soprano Akademie für Alte Musik Berlin Violin I Bernhard Forck, Edburg Forck (1-2), Thomas Graewe (1-2) Violin II Kerstin Erben (1-2), Dörte Wetzel (1-2, 7-12) Viola Clemens-Maria Nuszbaumer (1-2) Violoncello Antje Geusen (1-2), Barbara Kernig (7-12) Double bass Harald Winkler (1-2) Viola da gamba Heidi Gröger (3-6, 13-17) Lute Shizuko Noiri Flute Christoph Huntgeburth (3-6, 13-17) Harpsichord Michaela Hasselt (3-6), Raphael Alpermann (13-17) Organ Raphael Alpermann (1-2, 7-12) Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) Orfeo cantata for soprano, strings and basso continuo (ca.1735) 1 | Recitativo Nel chiuso centro Aria Euridice, e dove sei? 8’37 2 | Recitativo Sì, che pietà non v’è Aria O d’Euridice 6’15 Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) Orphée cantata for soprano and chamber orchestra (1710) 3 | Récitatif Le fameux chantre de la Thrace 2’26 Air tendre et piqué Fidèles échos de ces bois 4 | Récitatif Mais que sert à mon désespoir 4’11 Air gai Allez Orphée 5 | Récitatif Cependant le héros arrive 6’27 Air fort lent et fort tendre Monarque redouté 6 | Récitatif Pluton surpris d’entendre 3’12 Air gai Chantez la victoire éclatante Alessandro Scarlatti (1660-1725) L’Orfeo cantata a voce sola con violini (w.d.) 7 | Introduzione 1’43 8 | Recitativo Dall’oscura magion Aria Chi m’invola la cara Euridice 5’10 9 | Recitativo Ma di chi mi querelo Aria Se mirando, occhi perversi 2’32 10 | Recitativo Or poiché mi tradir Aria Sordo il tronco 6’00 11 | Recitativo Ah, voi m’abbandonate Aria Il vanto del canto 2’16 12 | Recitativo Così dicendo il gran cantor Aria Sì, pietà de’ miei martiri 3’24 Jean-Philippe Rameau (1683-1764) Orphée cantata for soprano and ‘symphony’ (flute & strings) (1721 ?) 13 | Récitatif Par le charme vainqueur 1’29 14 | Air Que du bruit de tes hauts exploits 3’57 15 | Récitatif Mais son âme sensible Air J’ai pour témoin de ma victoire 1’31 16 | Récitatif À ce penser flatteur Air Amour, c’est toi qui fais mon crime 5’13 17 | Récitatif Inutiles regrets Air En amour il est un moment 4’49   3 français Orphée, du théâtre à la chambre Avant de devenir l’un des personnages d’élection de l’opéra baroque, Orphée a été la figure tutélaire de la Renaissance italienne. Il préside à la naissance de la tragédie moderne en langue vernaculaire, à Mantoue en 1480, avec la Fabula d’Orfeo d’Angelo Poliziano. Il devient le héros emblématique des premiers spectacles mélodramatiques : à Florence en 1600, avec les deux Euridice de Peri et de Caccini ; à Mantoue en 1607 avec L’Orfeo de Monteverdi ; à Rome en 1619 avec La Morte d’Orfeo de Landi ; et même à Paris en 1647 avec L’Orfeo de Luigi Rossi. Ce n’est pourtant que dans la seconde moitié du xviie siècle que le genre naissant de la cantate s’empare du mythe orphique. Deux Orfeo romains… Vers 1685, Giovanni Lorenzo Lulier (1662-p.1700), surnommé Giovannino del Violone, compose une des premières cantates “à sujet” où ressurgit le personnage Orphée : Ove per gl’antri infausti pour soprano et basse continue. Alessandro Scarlatti (1660–1725) est son exact contemporain. Il partage l’essentiel de sa carrière entre Naples et Rome. Maître incontesté de l’école napolitaine d’opéra, il s’adonne à tous les genres musicaux de son temps, tant vocaux qu’instrumentaux, profanes ou sacrés. À l’imitation de Lulier, il a laissé deux cantates dédiées au mythe d’Orphée. Poi che riseppe Orfeo, modeste et poignante, pour soprano et basse continue, adopte la structure habituelle en trois récitatifs et airs. Plus ample et théâtrale, L’Orfeo, vraisemblablement composée à Rome vers 1700-1702, requiert un soprano, deux violons et la basse continue. Elle revêt une structure aussi inhabituelle qu’ambitieuse. Précédée par une introduction instrumentale et un récitatif, la première aria dépeint la douleur de l’époux après la disparition d’Eurydice. La deuxième aria oppose le défi contre la mort et la sérénité face au destin. La troisième aria, Sordo il tronco, a pour singularité de faire taire la réalisation de la basse continue (senza cembalo), au profit de la seule sonorité des cordes. Après un bref récitatif, une quatrième aria, Si, pietà di miei martiri, tour à tour véhémente et douloureuse, vient couronner cette rigoureuse architecture. L’écriture savante et raffinée de cette cantate confirme le jugement de Sébastien de Brossard, qui écrivait vers 1725 au sujet de Scarlatti : “Tout cela est du plus excellent moderne, le nom seul de l’auteur en est une preuve convaincante puisqu’il passe dans toute l’Italie et même dans toute l’Europe pour le musicien le plus accompli qui ait fleuri sur la fin du dernier siècle et au commencement de celui-cy.” À l’instar de Mozart, Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) est devenu une figure légendaire peu de temps après sa mort prématurée. Le Président du Parlement de Bourgogne, Charles de Brosses, le considère dès 1739 comme le plus grand compositeur de son temps : “Parmi tous ces musiciens, mon auteur d’affection est le Pergolèse. Ah ! le joli génie, simple et naturel. On ne peut pas écrire avec plus de facilité, de grâces et de goûts.” La publication, à Rome, d’un volume de cantates attribuées à Pergolèse, un an à peine après sa mort, est le premier signe de cet engouement posthume. Les Quattro cantate da camera, réunies par Gioacchino Bruno, furent réimprimées en 1738 : une pratique rare en Italie, attestant un exceptionnel succès d’imprimerie. Elles sont encore rééditées à Londres par Bremner (ca. 1770) puis par Preston & Sons (1790). Nel chiuso centro est la dernière de ces quatre cantates. Charles de Brosses la considère comme “la meilleure des cantates italiennes”. Surnommée Orfeo dès le xviiie siècle, elle est la seule cantate “à sujet” du compositeur. Son écriture est également singulière : elle privilégie la déclamation plutôt que le bel canto. Elle s’ouvre par un récitatif accompagné empli d’effets harmoniques saisissants que Jean- Jacques Rousseau, dans son Dictionnaire de Musique, érige en modèle : “On peut voir, dans le premier récitatif de l’Orphée de Pergolèse, un exemple frappant et simple des effets que ce grand musicien sut tirer de l’enharmonique, et comment, loin de faire une modulation dure, les transitions devenues naturelles et faciles à entonner, donnent une douceur énergique à toute la déclamation.” Le premier air, Euridice, e dove sei ? revêt une structure da capo (ABA’) ponctuée d’épisodes déclamatoires. Le second récitatif introduit un “air d’écho”, O Euridice, n’andrò festoso, à la rythmique et à l’expression emplies de contrastes saisissants, entre agitations et apaisements, ombres ténébreuses et lumières souriantes. … Face à deux Orphée(s) parisiens À la suite de l’Italie, toute l’Europe s’enflamme pour l’histoire du chanteur thrace et pour le genre nouveau de la cantate. En Autriche, Fux produit en 1715 une compositione da camera per musica intitulée Orfeo ed Euridice. En France, Marc-Antoine Charpentier compose en 1683 sa cantate pour trois voix d’hommes, Orphée descendant aux Enfers (H.471). À sa suite, le xviiie siècle français connaît un véritable engouement pour ce sujet et cette forme, suscitant la naissance des cantates orphiques de Clérambault, Courbois, Piroye, Granval, Le Valois, Rameau, Lemaire et Guillon. Le nom de Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) est généralement associé à la musique religieuse. Il a laissé en effet, une œuvre sacrée abondante, composée pour l’essentiel à l’intention des pensionnaires de la Maison de Saint Cyr, l’institution créée par Mme de Maintenon, dont il était devenu l’organiste en 1715. Ses contemporains l’ont également salué comme l’un des véritables créateurs du genre de la cantate française, ainsi que le rappelle Evrard Titon du Tillet dans son Parnasse François (1755) : “Clairambault s’est fait connaître par la sçavante manière dont il touchoit l’Orgue ; mais ce qui a contribué le plus à sa réputation, c’est le talent merveilleux qu’il avoit pour la musique des Cantates, où il excelloit.” Entre 1710 et 1726, il publie quatre livres de cantates. D’autres circulent encore sous la forme de copies manuscrites, formant un impressionnant corpus de vingt-six compositions vocales de chambre. Orphée est la troisième cantate proposée dans le Premier Livre. Contrairement à la règle de la “vraisemblance”, qui associerait la figure d’Orphée à un homme, cette composition est destinée à un soprano “avec symphonie”. Cet accompagnement instrumental, de nature concertante, est destiné à une “flûte allemande [traversière], ou violon, et basse continue”. Cette cantate se distingue par son caractère élégiaque et plaintif, et surtout par son organisation inhabituelle, pour la France, en quatre airs précédés par quatre récitatifs. La carrière de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) est l’une des plus singulières de toute l’histoire de la musique. À l’âge de cinquante ans, il produit son premier opéra, Hippolyte et Aricie, et accède à la célébrité. Auparavant, il n’est qu’un compositeur obscur, qui n’a laissé que quelques pièces de clavecin et de la musique de chambre, instrumentale ou vocale. Neuf cantates auraient ainsi été composées au début de cette carrière erratique. Deux d’entre elles sont perdues, et la chronologie des œuvres est encore largement discutée : les plus anciennes auraient été composées entre 1702 uploads/Litterature/ booklet.pdf

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