LA FRANC-MAÇONNERIE A 300 ANS 2 3 Sommaire Introduction de Christophe Habas, Gr
LA FRANC-MAÇONNERIE A 300 ANS 2 3 Sommaire Introduction de Christophe Habas, Grand Maître du Grand Orient de France ………………………………………………………………………………………..………p4 Exposition au Musée de la franc-maçonnerie – 1717-2017 : Trois siècles de franc- maçonnerie, trois siècles d’émancipation. Du 1er juillet au 16 décembre 2017. ………………………………………………………………………………..………………p5 Autres événements autour du tricentenaire : Exposition au Salon du livre maçonnique de Carcassonne – 1717-2017 : Trois siècles de franc-maçonnerie, trois siècles d’émancipation. Le 1er juillet 2017. Expositions des Loges du Grand Orient de France – 1717-2017 : Trois siècles de franc- maçonnerie, trois siècles d’émancipation. Les 16 et 17 septembre 2017, lors des journées du Patrimoine. ………………………………………………………………………………………………p13 Colloque – 1717-2017 : Autour du tricentenaire de la naissance de la franc-maçonnerie. Organisé par l’IDERM le samedi 24 juin 2017. …………………………………………………………………………………….......…….p14 Contacts presse ………………………………………………………………………………………..……..p16 4 Introduction de Christophe Habas, Grand Maitre du Grand Orient de France 1717-2017 : nous commémorons et célébrons cette année le tricentenaire de la franc- maçonnerie qui, sous sa forme moderne, nait à Londres le 24 juin 1717. Pour les institutions aussi, un anniversaire est une occasion de réfléchir à ses origines et de se retourner sur le chemin parcouru. D’emblée cette nouvelle Maçonnerie proclame un principe alors profondément nouveau : la tolérance religieuse. Elle affirme aussi un projet : réunir par la fraternité des personnes venues d’horizons différents qui sinon ne se seraient jamais rencontrées. Au cours de sa longue histoire la Grand Orient de France s’est voulu fidèle à l’esprit de 1717. Au XVIIIe siècle, il est un puissant auxiliaire de la diffusion des Lumières. Au XIXe et au XXe siècle, il prolonge l’idée de tolérance et lui donne tout son sens en défendant sans relâche la liberté de conscience et la laïcité. Au-delà de cette légitime célébration, face aux défis de notre temps, notre ambition est de maintenir toujours vivante cette dynamique d’émancipation instaurée par nos prédécesseurs en 1717. Christophe Habas, Grand Maître du Grand Orient de France 5 1717-2017 : Trois siècles de franc-maçonnerie, trois siècles d’émancipation Exposition au Musée de la franc-maçonnerie Du 1er juillet au 16 décembre 2017 *** *** *** Les maçons au Moyen Âge Au Moyen-Âge, marchands et artisans se réunissent dans des confréries ou des corporations chargées de gérer les intérêts du métier : formation, embauche, attribution des chantiers… Mais à cette époque le travail quotidien de chacun s’inscrit dans une vision du monde profondément imprégnée de sacré. Aussi ces organisations de métier ne se limitent pas à gérer les problèmes techniques mais prennent en charge tout un pan de la vie de leurs membres de la solidarité à la spiritualité. Les Anciens Devoirs – les statuts des maçons médiévaux – présentent, à coté de différentes dispositions réglementaires, une histoire mythique et édifiante du métier. Ainsi la Maçonnerie, fille de la Géométrie, a été fondée par Euclide en Égypte et diffusée en Europe par Pythagore ! En méditant ce « récit des origines » – qui ne visait pas à restituer des faits historiques mais à produire du sens – le maçon médiéval inscrit son labeur journalier dans le combat séculaire des forces de la Lumière contre les forces des Ténèbres. *** *** *** Le XVIIe siècle écossais : la Maçonnerie « acceptée » La transformation d’une société de métier en une association de rencontres et de réflexions va s’opérer à la fin du XVIe et au XVIIe siècle en Grande-Bretagne. « L’acceptation » consiste à recevoir des personnes étrangères au métier mais que la société veut ainsi honorer. Par nature marginale, elle va connaître un développement étonnant dans l’Écosse du XVIIe siècle, au point que certaines loges comprendront une majorité d’« acceptés » et verront leurs liens avec le métier peu à peu disparaître. Peut-être le prestige de l’architecture joua-t-il aussi. Depuis la Renaissance, l’art de bâtir est considéré comme l’une des plus nobles activités humaines et l’architecte est présenté comme un homme mobilisant des connaissances universelles (scientifiques, techniques, philosophiques…). Peut-être ces loges constituaient-elles un refuge pour les hommes de bonne volonté dans une Grande-Bretagne alors déchirée par les guerres de religions et les querelles dynastiques ? Les loges rassemblant des maçons « acceptés » vont se multiplier au XVIIème siècle. 6 *** *** *** 1717 : Naissance de la franc-maçonnerie « spéculative » En 1717, à Londres, quatre loges se fédèrent et créent la Première Grande Loge, une organisation profondément nouvelle. Ses fondateurs – dont le huguenot français Jean- Théophile Désaguliers – entretiennent des liens étroits avec la Royal Society et les milieux newtoniens. En 1723, les Constitutions d’Anderson reprennent en partie les Anciens Devoirs médiévaux, mais elles apportent aussi des innovations capitales comme d’assurer aux francs-maçons la liberté de conscience. L’article premier « concernant Dieu et la Religion » précise en effet : « aujourd’hui il a été considéré plus naturel de les astreindre seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur et de probité ». La tolérance est un principe fondateur de la franc-maçonnerie. Tout au long du XVIIIe siècle les loges vont se multiplier en Grande Bretagne, elles se rangeront sous l’obédience des Grandes Loges d’Écosse (fondée en 1736), d’Irlande (1725) ou d’Angleterre (celle de 1717). Celle-ci verra apparaître une rivale en 1751, une nouvelle Grande Loge dite, bien que plus récente, « des Anciens ». *** *** *** La franc-maçonnerie en France au XVIIIe siècle La franc-maçonnerie s’implante en France vers 1725 dans l’ambiance libérale et anglophile de la Régence. Elle apparaît dans le sillage de Britanniques exilés pour des raisons politiques ou religieuses. D’abord accueillie comme une mode par l’aristocratie, elle s’étend rapidement à la bourgeoisie et s’enracine durablement dans la société d’Ancien Régime. Si ses sources sont incontestablement britanniques, la Maçonnerie française n’est pas pour autant une simple importation. Elle s’enracine en absorbant des formes de sociabilités anciennes – confréries de pénitents, compagnies d’archers… – qui se fondent dans la structure nouvelle des loges. 1738 inaugure une longue série d’excommunications des francs- maçons. Le Pape reproche à l’Ordre sa tolérance religieuse. Si le gouvernement du Cardinal Fleury cherche un temps à l’interdire, c’est qu’il y voit un repaire de Jansénistes, partisans de la liberté de conscience. A partir de 1740 la Maçonnerie se diffuse largement dans toute la France. Les loges sont un lieu de convivialité où – bien dans l’esprit du siècle – les frères célèbrent la vertu et l’égalité. 7 *** *** *** Quand l’outil se fait symbole « De temps immémorial », on a attribué un sens allégorique aux outils du maçon. L’équerre symbolise la droiture ; le compas, la mesure et le discernement; le maillet, la force… Les livres d’emblèmes de la Renaissance popularisent ces spéculations. Leurs images suggèrent une « morale » ou un « précepte » que le lecteur doit deviner. A l’origine jeu d’esprit, ces Emblemata vont prendre une dimension ésotérique. Ces idées vont pénétrer le métier de maçon et tisser des liens forts entre symbolique maçonnique et ésotérisme. L’art de bâtir n’est alors pas considéré comme une simple activité technique, mais comme une tâche noble ayant aussi un caractère philosophique et qui doit mobiliser l’ensemble des connaissances humaines. *** *** *** L’initiation Dès le XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie se présente comme une société initiatique. L’initiation vise à ouvrir la conscience à une réalité plus subtile et plus profonde que celle que nous percevons dans notre vie quotidienne. Elle se veut une « nouvelle naissance » et met souvent en scène la mort symbolique du récipiendaire. Elle se situe dans un espace qui n’est ni celui de la croyance religieuse, ni celui de l’approche rationnelle. En Europe, la notion d’initiation est fortement marquée par la redécouverte des « cultes à mystère » de l’Antiquité au XVIe siècle. A l’exemple des mystères d’Eleusis, ceux-ci promettaient au candidat de révéler des éléments cachés aux profanes sur le sens de la vie. Les humanistes de la Renaissance lient aussi la question de l’initiation à celle de la philosophia perenis, cette sagesse humaine originelle et universelle, mais occultée par l’histoire. L’initiation est conférée par une cérémonie rituelle ou le récipiendaire passe des épreuves symboliques qui doivent le dépouiller du vieil homme et faire naître en lui un homme nouveau. Le processus initiatique prétend apporter à l’initié une lumière qui lui permette de porter un regard plus vrai sur lui-même et sur le monde. Au XXe siècle la notion d’initiation a fait l’objet de multiples approches théoriques tant des philosophes pérénialistes que des tenants de la psychologie des profondeurs. *** *** *** Le Grand Orient de France De 1736 à 1755 les loges de France sont surtout fédérées par une allégeance peu contraignante au « Grand Maître des Loges du Royaume », Louis de Bourbon-Condé, protecteur prestigieux et lointain. De Paris, la « Première Grande Loge de France » essaye d’établir son autorité mais n’arrivera jamais à s’imposer. 1773 voit une nouvelle tentative pour doter la Maçonnerie française d’un centre commun et d’une autorité reconnue. Deux principes sont définis : l’élection uploads/Histoire/ dossier-de-presse-tricentenaire-fm.pdf
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- Publié le Jui 08, 2021
- Catégorie History / Histoire
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