Journal of Economics and Finance (JEF), Vol 70 N0 70/ 0702 P-ISSN: 2437-0630 /
Journal of Economics and Finance (JEF), Vol 70 N0 70/ 0702 P-ISSN: 2437-0630 / E-ISSN: 2543-3695 / Legal Deposit N°3344-2015 280 Estimation de la fonction de demande de monnaie en Algérie : étude économétrique sur la période 1970-2019 Estimation of the money demand function in Algeria: econometric study over the period 1970-2019 ATMANI Anissa1 , MOUFFOK Nacer-Eddine* 2 1Université de Bejaia (ALGERIE), atmani655@gmail.com 2 Université de Bejaia (ALGERIE), nacermouffok2003@yahoo.fr Reçue : 05/05/2021 Accepté :31/05/2021 Publié :07/06/2021 Résumé : Cet article a pour objectif d'examiner l’existence d’une fonction de demande de monnaie de long terme pour le cas de l’Algérie. Ainsi, une estimation économétrique sera proposée en prenant en compte certains événements économiques que le pays a connus durant notre période d’étude (1970-2019). Les résultats aboutissent à l’existence d’une convergence, à long terme, des déterminants de la demande de monnaie tels le taux d’escompte, le revenu réel ainsi que le taux de change. En plus, le test CUSUM confirme l’existence d’une stabilité de la relation de long terme, sur notre période d’estimation, de la demande de monnaie et des différentes variables explicatives choisies. Mots clés (5 mots) : Algérie ; demande de monnaie ; long terme ; stabilité ; test. Code JEL Classification : C01 Abstract: This article aims to examine the existence of a long-term money demand function for the case of Algeria. Thus, an econometric estimate will be proposed by taking into account certain economic events that the country experienced during our study period (1970-2019). The results lead to the existence of a long-term convergence of the determinants of the demand for money such as the discount rate, real income as well as the exchange rate. In addition, the CUSUM test confirms the existence of a stability of the long-term relationship, over our estimation period, of the demand for money and of the various explanatory variables chosen. Keywords (5 words): Algeria; demand for money; long term; stability; test. Code JEL Classification : C01 Introduction : La fonction de demande de monnaie a fait l’objet de plusieurs études de la part des chercheurs, universitaires et gouverneurs soit des pays développés ou en développement (Abderrezak A, 2000, p.78). Cet intérêt est apparu dès les premiers travaux de Friedman (1956). Mais en 1982, ce dernier, en collaboration avec Schwartz et appuyés par Laidler, ont pu affirmer que la demande de monnaie représente un élément primordial dans l’estimation et la prise de décision des politiques monétaires (Apostolos S, 2007, p.18). Goldfeld (1994) affirme qu’il existe un lien important entre la demande de monnaie et ses principaux déterminants et donc dans la conduite de la politique monétaire (Boumghar M.Y. 2004, p.9). Cette relation, qui mènera à la formulation de la fonction de demande de monnaie, a poussé certains économistes à étudier de façon empirique ce lien important qui peut exister entre la demande de monnaie et ses déterminants. L’étude de cette fonction de demande de monnaie est d’évaluer sa stabilité (Dritsaki C. et Dritsaki M. 2012, p.12). C’est ainsi qu’en 1956 que Friedman affirmait que la demande de monnaie est stable, il précisait que «…les fluctuations aléatoires de la demande d’encaisses sont faibles et son évolution peut être prévue avec une *Auteur correspondant ATMANI Anissa , MOUFFOK Nacer-Eddine, Estimation de la fonction de demande de monnaie en Algérie (pp 280-291) journal of Economics and Finance (JEF), Vol 07 N0 02/ 2021 281 P-ISSN: 2437-0630 / E-ISSN: 2543-3695 / Legal Deposit N°3344-2015 précision raisonnable au moyen de la fonction de demande de monnaie » (Talabong H. 2012, p.435). Donc, c’est pour cette raison que l’étude de la stabilité de la fonction de demande de monnaie est primordiale du fait de ses effets sur la mise en place et en œuvre de la politique monétaire. En effet, lorsque cette fonction devient instable, il serait très difficile d’assurer une politique monétaire et donc une politique de ciblage monétaire crédible (Manoury J. 2009, p.36). La fonction de demande de monnaie a suscité beaucoup d’études et de travaux, théoriques et empiriques, et la grande partie de ces études dérivent de la courbe LM. Cependant, la modélisation économétrique et l’économétrie des séries non stationnaires se sont développées au fur à mesure du développement des outils et logiciels de calcul, particulièrement avec la théorie de la cointégration qui a été proposée par Granger et Weiss en 1983 (Yves Togba B. et al. 2013, p.39), formulée par Granger en 1981, et développée par Engel et Granger en 1987 ainsi que Johansen en 1988 et en 1991(Sani D. et al. 2014, p.23). L’apport de cette méthode est qu’elle permet d’estimer et de tester les relations d’équilibre sur le long terme entre différentes variables. Néanmoins, la méthode traditionnelle peut donner des résultats non satisfaisants du fait de ne pas prendre en considération des chocs importants dans la dynamique des données pourrait produire des effets négatifs sur la qualité du modèle même ou mettre en cause la théorie de cointégration. Ainsi, Friedman (1956) explique que la réalisation d’un objectif intermédiaire de la politique monétaire implique la prise en compte d’un agrégat monétaire fondé sur l’hypothèse selon laquelle la fonction d’encaisses réelles doit être stable à long terme (Medaci N. 2013, p.11). Cette hypothèse représente également un fondement pour la nouvelle école classique de Sargent et Wallace (1975) et de Barro (1993) (Hanafiah H. (2012, p.4). C’est dans cette optique que notre problématique se construit autour de l’interrogation principale suivant : Comment la fonction de demande de monnaie est-elle estimée en Algérie? Pour apporter une meilleure réponse à cette problématique, on testera deux hypothèses. La première, basée sur les travaux de McKinnon et al. (1984) et de Ambler et McKinnon (985), met en évidence l’omission d’une variable importante de l’analyse (le taux de change) comme source d’instabilité économétrique (Avouyi D.S. et al. 2003, p.56). La deuxième hypothèse consiste en l’existence d’un ou plusieurs changements structurels au niveau de l’économie Algérienne durant la période d’étude (Goux J.F. (2005, p.61). Dans le cas de l’Algérie, il existe au moins trois changements qui ont pu influencer, de manière directe ou indirecte, son économie. Pour ne citer que trois, le passage de l’économie planifiée vers l’économie de marché, la mise en place de la nouvelle Loi sur la Monnaie et le Crédit en 1990 (LMC), ainsi que l’ajustement structurel (1994). En somme, notre travail consiste à estimer et à vérifier la stabilité de la fonction d’encaisses en Algérie. Pour cela, nous devons tout d’abord vérifier s’il existe, ou pas, une relation coïntégrante de demande de monnaie en Algérie. Ensuite, essayer de déterminer un modèle de prévision de la valeur de référence de l’agrégat monétaire M2 en Algérie. Enfin, proposer quelques recommandations pour une meilleure orientation de la politique monétaire. 1. La méthodologie de recherche Pour réaliser notre étude, on s’est basé sur des séries temporelles permettant d’analyser l’évolution des différentes variables durant un temps bien déterminé. Pour cela, notre étude économétrique prend en considération les différentes études effectuées dans l’approche d’une relation entre la demande de monnaie (l’agrégat M2) et ses déterminants. Ainsi, nous avons intégré les variables essentielles pouvant expliquer la demande de monnaie pour le cas de l’Algérie. Nous avons utilisé des données provenant de la Banque d’Algérie et couvrant la période de notre étude, à savoir la période allant de 1971 jusqu’à 2019. Pour le taux de change, il représente le nombre de dinars algériens pour un dollar américain, et on a adopté l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) pour mesurer le taux de l’inflation. Egalement, on a considéré la masse monétaire réelle représentée par l’agrégat M2 déflaté, c’est-à-dire corrigé de l’effet d’inflation. Pareillement pour le PIB, représentant la croissance économique, nous avons voulu ATMANI Anissa , MOUFFOK Nacer-Eddine, Estimation de la fonction de demande de monnaie en Algérie (pp 280-291) journal of Economics and Finance (JEF), Vol 07 N0 02/ 2021 282 P-ISSN: 2437-0630 / E-ISSN: 2543-3695 / Legal Deposit N°3344-2015 considérer le PIB réel, c’est-à-dire corrigé également des effets de l’inflation. Quant au taux d’intérêt, nous l’avons représenté par le taux d’escompte annuel que la banque d’Algérie pratique. Pour précision, la totalité des données prises sont annuelles. 2. Analyse des propriétés statistiques des données Les représentations graphiques ci-dessous amènent à présumer que les séries de la masse monétaire réelle, le PIB réel et le taux de change et le taux d’intérêt sont non stationnaires en moyenne, tandis que le taux d’inflation et le taux d’intérêt sont affectés d’une tendance qui ne soit pas nuisible. Avant tout traitement économétrique, il convient de s’assurer de la stationnarité des variables retenues car la stationnarité constitue une condition nécessaire pour éviter les relations fallacieuses. Une première idée sur le caractère stationnaire ou non des variables est donnée par l’analyse du corrélogramme. On examine celui de la masse monétaire réelle en niveau puis en variation. Le corrélogramme de la masse monétaire réelle montre des autocorrélations lentement décroissantes tandis que seule la première autocorrélation partielle est significative. Cette forme de corrélogramme est typique des séries non stationnaires. On peut donc supposer que la série LOGRM est non stationnaire. Le corrélogramme uploads/Finance/estimation-de-la-fonction-de-demande-de-monnaie-en-algerie-etude-econometrique-sur-la-periode-1970-2019.pdf
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- Publié le Sep 13, 2021
- Catégorie Business / Finance
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